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Galerie photo à venir !

Photographier l’architecture & le paysage

Conférence d’Alain CHARLES, architecte et photographe, le 20 janvier 2007

Présentée lors de l’Assemblée générale du Ghamu, au Centre Ledoux à l’INHA.
Photos d’Alain CHARLES, reproduction interdite.

Lumière & Espace
Sans lumière, point d’espace ! En photo oui, car l’œil perçoit l’espace de manière précise du bout du nez jusqu’à l’horizon signifiant « limite (de l’espace) » (tiré du grec). Or un aveugle jauge l’espace avec son ouïe et se dirige en palpant. Et un enfant criant dans une grande salle analyse inconsciemment le volume en écoutant son écho alors qu’il s’est tu.
La lumière solaire nous autorise quotidiennement à nous mouvoir sans heurts à l’extérieur. Toute lumière éclairant un objet en renvoie forme et couleur. Cette dernière est composée d’une des 7 couleurs (+ chaleur) de la lumière blanche. Les longueurs d’onde des autres couleurs étant absorbées par l’objet, il reste celle correspondant à la texture de l’objet. Alors sans lumière pas de couleur. Tout objet à contre-jour (soleil dans l’œil) est de couleur ombre, plus que sombre. « Nuit ! ».
Dans le langage du grand jardinier à la grecque : le feu projette sur la terre, l’eau et l’air ses photons qui par ricochet, racontent l’environnement.

Vide et Plein
Nous autres occidentaux considérons, par culture, qu’un objet existe dans un paysage puisqu’il est saisissable ou que l’on peut s’y cogner. De ce fait, notre culture nous fait ignorer l’autre aspect dudit paysage et que les Japonais nomment le MA. Il s’agit de l’espace reliant 2 objets sélectionnés par un observateur. Ces 3 éléments (2 pleins + vide) sont le paysage observé et non pas ces 2 objets seuls ! Mais en occident cet « espace vide » ne sert guère. Et le vide ou le néant quelle différence ?
Or en Asie, c’est comme le jour et la nuit. Le vide est plein de vie ou d’énergie (le Ki chinois) ; alors que le néant, c’est « rien » au sens d’absence de vie. Le MA est constitutif du paysage et mérite attention comme les 2 objets le délimitant. — Photographier le vide ? Oh ! — Ce faisant, le plein n’existe qu’avec le vide qui l’entoure, car noyé dans d’autres éléments, il perdra sa spécificité.
Ainsi un portrait de profil vit avec le vide où le regard est plongé. Si les yeux sont collés au cadre, c’est moins drôle ! De même pour un avion, une auto, un coureur : la dynamique s’exprime dans l’espace précédant la direction prise.

Œil & Vision
Les yeux sont les organes biologiques nous permettant par une vision stéréoscopique de mesurer l’espace et de nous y diriger. Le champ visuel moyen forme une ellipse dont les contours sont peu définis. Certains auteurs estiment que l’acuité visuelle est d’environ 37° en vertical (soit 2 m. de haut à 3 m. de distance) et 54° en horizontal (soit 2m. de large à 2 m. de distance). Mais l’on peut « voir » à 180° à l’horizontal et jusqu’à 60° en hauteur sans bouger les yeux. Distinguons alors la vision descriptive (ellipse) de la large vue informative. Voir c’est au minimum évaluer un sujet dans un endroit par un contraste clair/obscur. Regarder c’est observer et décrypter un sujet éclairé et le positionner dans l’espace.

Flâner ou Viser
Le grand plaisir d’une promenade c’est de déambuler le nez au vent et surtout « les mains dans les poches ». Flâner, c’est baguenauder tranquillement, les sens en éveil et les yeux ouverts pour capter l’événement insolite et inattendu, un décor, un détail, une échappée visuelle et y prendre plaisir, à 100%.
Faire des photos, c’est se balader les yeux grands ouverts pour mieux découvrir et mémoriser l’espace, la lumière et les objets. Pour autant l’on se coupe du plaisir de découvrir car 50% du temps est occupé à sélectionner les sujets, changer les objectifs, cadrer les vues et analyser la lumière ou l’attendre... Cela ronge l’attention portée à l’événement. Mais les souvenirs sélectionnés et emportés dans la boîte libèrent chez soi les 50% supprimés pour se les remémorer autant que l’on souhaite. A cela s’ajoute le partage avec autrui qui, sans aucun visuel, n’a plus grande saveur.

Nature et Paysage
La nature est l’organisme minéral et végétal originel qui couvre la terre. Pour qui prend le temps de l’observer, elle livre une quantité « époustouflante » de coloris et de matières. Quand l’homme modifie la nature (plantation ou construction), il crée un paysage qu’il emplit de repères pour mémoriser ses déplacements. Toute société industrielle repousse la végétation en dehors de son agglomération et pérennise ainsi son urbanisation par un assemblage minéral extérieur. L’architecture et la voirie y sont couvertes de pierre, ardoise, terre cuite ou béton. Ainsi l’homme pétrifie le génie de sa pensée dans la terre comme on l’inscrit dans un livre. Toutefois, sentimentalement, il ne peut se couper du végétal dont il se servait autrefois pour se loger. Il en décore même ses façades pour symboliser l’énergie vitale dont regorge ladite végétation. De fait, l’art c’est imiter la nature et tenter de la reproduire. D’ailleurs vouloir soulever le voile d’Isis est le sport spirituel de toute civilisation.

Beauté et Harmonie
« En photo, tout est beau » ! Eh oui, c’est juste une question d’angle de prise de vue et de lumière dosée. Si une femme refuse de se faire tirer le portrait s’estimant peu photogénique, c’est qu’elle a en mémoire les crétins qui n’ont pas su se poster correctement devant elle pour la faire poser naturellement et bien capter sa personnalité et son rayonnement. La beauté d’un portrait se lit sur les traits : digne, nostalgique, joyeux... La beauté d’une personne se lit « derrière ses yeux ».
Le neurobiologue Damazio a démontré que le beau est une référence culturelle « encartée » dans la mémoire de chacun, et le laid tout pareil. Ayant des références esthétiques inconsciemment mémorisées au cours de sa vie, chacun ressent le beau lorsque certains stimuli agréables et antérieurs sont à nouveau rassemblés alentour. Il existe de ce fait, des « référents culturels » personnels, différents pour chacun, mais aussi d’autres, plus sociaux, communs à une société ou à une civilisation, etc. Bref, à chacun ses critères encartés de beauté. Et à culture commune : beauté commune.
En architecture, un petit bâtiment même délabré, aux murs rustiques, se révèle parfois tout aussi beau qu’une cathédrale finement sculptée ! Alors ? La beauté transparaît dans la « noblesse » des matériaux sans traitement thermique = pierre, bois et cuir (minéral, végétal, animal) et dans la taille de la matière. La notion de beauté peut aussi sourdre des proportions « harmonieuses » (dixunt les ABF). En fait celles-ci sont copiées sur l’observation de la nature dont la Divine Proportion Ф (1,618) est la plus connue. C’est « Fractal », Aïe ! Enfin, dans l’architecture sacrée la beauté se ressent parfois physiologiquement avec ce que les Romains appelaient le Genius Loci. Plusieurs cathédrales sont construites sur des temples... Phénomène de résonance de l’énergie terrestre sur lequel est construit le bâti, il dégage une harmonie impalpable, alors que le même bâtiment construit ailleurs paraît « sans vie ».

L’architecte écrit
Il appartient à l’architecte (et à lui seul) d’écrire l’architecture. C’est un langage avec ses codes, ses modes, ses styles, sa grammaire et son vocabulaire. Philosophe, psychologue, ingénieur et artiste, il matérialise ce qu’il a su et pu capter des envies de ses clients. Il date son bâti avec le style de l’époque et le signe avec son propre style. La parfaite fonctionnalité de la construction démontre la qualité de l’architecture. Dans la conception, l’architecte identifie les désirs et les besoins avec l’engramme puis rédige le programme du projet afin de réaliser le gramme/objet. Y est parfois incluse la modernité qui se résume aux nouveaux concepts et/ou aux nouveaux matériaux mis en œuvre. Elle passe de mode et stagne au purgatoire social 5 ans après pour ressortir dans le patrimoine esthético-culturel 50 ou 100 ans plus tard ! Ainsi l’architecte construit le bâti et ...

L’historien décrit
... l’historien en architecture en narre l’histoire. Comparant et décryptant les styles et les décors, les matériaux et les concepts, les nouveautés et les traditions, dans un flot de relations sociales liant architecte, commanditaire, entrepreneur et public, il décrit la production architectural d’un ou de plusieurs de ces artistes et leurs influences sur la société. Grâce aux documents sur un bâti, il détermine dans son bureau le fil conducteur de sa conception/construction pour expliquer la vie de ce bâti. Complétant les documents ou en suppléant le manque, la photographie procure une « présence absente » (Suzan Sontag) pour celui qui, dans son bureau, étudie un bâtiment (immobilier = non mobile).

Photo d’Art ou d’Archi ?
Photographier l’architecture c’est comprimer la 3ème dimension sur une surface en 2 dimensions. Pour bien « rendre » l’œuvre, autant le faire en suivant la pensée de l’architecte. Elaborant ses idées en 3D, il les couche sur ses dessins en 2D et les transmet aux entrepreneurs pour que ceux-ci les érigent à nouveau en 3D. La photographie d’architecture cherchera alors à visualiser le tracé dans l’image. L’artiste-architecte prime sur l’artiste-photographe ! Celui-ci se place puis se déplace de quelques centimètres en plus pour révéler le mieux possible la façade, ou le détail... et rendre ainsi à César… et cætera.
Il faut donc bien différencier la photo d’art due au coup d’œil du photographe, plus expressive et plus libre, de la photo d’architecture, plus descriptive et géométrique, issue du coup de crayon de l’architecte !

Echelle & Matière
En architecture comme en paysage, les matériaux eux-mêmes méritent l’observation sans être subordonnés à une forme, un dessin ou une sculpture quelconque. « Cadrer plein pot » un matériau révèle sa matière et sa texture. Parfois l’échelle de vision est rompue, entraînant une double lecture 1/ interprétation, 2/ identification. L’échelle est plus vite compréhensible avec un objet associé = le veinage du bois avec son noeud, le feuillage avec un tronc ou un oiseau, la texture d’une pierre, d’un mur avec sa porte ou sa fenêtre, d’une couverture avec sa cheminée, son épi ou sa lucarne... etc.
Un visage ou le grain de la peau ne sont agréables à percevoir qu’à l’échelle 1 maximum. Sinon, la chair est plantée de poils en troncs d’arbre et trouée de pores béants... Ca résonne « humain » dans la mémoire ... « section monstre » !

Reflets & Miroirs
La mer, ce miroir du ciel, est un sujet statique dans son étendue mais perpétuellement instable dans ses effets de surface, de couleur et de lumière. Bref, c’est toujours la même chose jamais pareille ! D’où une foultitude de prises de vues au même endroit. Transparente sur le sable, la mer se teinte en bleu lorsque le ciel s’y reflète, ou vert si le regard accompagne le plongeon du soleil (dans le dos : côte « d’Emeraude ») puis couverte de vif argent à contre-jour (attention les yeux), enfin dorée au coucher du soleil et rose-mauve au crépuscule. Cette plate multiplicité explique bien des plaisirs océaniques.
De même le ciel se blanchit d’un voile brumeux lors d’un anticyclone. Mais après une dépression « ayant lavé l’air » le bleu profond surgit, dense, immaculé... pour rosir de plaisir à la tombée de la nuit. Sans oublier l’architecture mobile des nuages dont parlait Balzac. Tous ces objets font de beaux sujets quand on y prête un tant soit peu attention… par pur plaisir.

Luminosité diurne & nocturne
A l’extérieur, le photographe « attend » l’astre solaire. Mais celui-ci joue sans cesse en hauteur (saisons), en axe (heures), en luminosité (météo) et aussi en couleur : jaune paille le matin, il s’argente au zénith en plaquant tout le monde au sol. Le soir, il vire à l’orange et cours à l’horizontale pour mieux enflammer le ciel puis le teinter en rose. La lumière n’étant jamais la même, ne jamais remettre une photo au lendemain, sauf ... meilleure météo.
La nuit, la lune n’est que le très pâle reflet du soleil. Les rues sont peintes en vert avec des lampes à mercure, et en orange avec le sodium. Les flammes des bougies ont la même « température de couleur » (mesurée en ° Kelvin) que le soleil couchant. Certains appareils numériques s’adaptent à ces éclairages jaunes en bleuissant la prise de vue.
Quant au flash, il est l’éclairage d’appoint qui permet de raccourcir le temps de pose et d’éviter les « vues bougées ». Fixé sur l’appareil, il plaque les reliefs et aplatit les sujets, comme le soleil à son zénith. Il est alors souhaitable de le déporter de l’axe de vision avec un câble (ou une cellule) pour créer une ombre autour du sujet et révéler son relief.

Cadrage & Sélection
Paysage et architecture étant statiques, c’est au photographe de bouger pour cadrer le bon angle de prise de vue et de patienter pour le bon éclairage. Il faut « calculer » sa photo en géométrie et en lumière.
Tout objet devient sujet dans le viseur. Il est tentant de tout prendre, mais trop de sujets rendent la photo illisible. Lors du cadrage, sélectionner le ou les sujets puis se replacer pour éliminer le trop plein en cherchant une sobriété d’expression. Cela nécessite de hiérarchiser les sujets : principal, secondaires et anecdotiques. Ces 2 derniers doivent concourir à valoriser le premier. Quitte à changer la hiérarchie pour une autre photo similaire mais différente ... avec un nouveau cadrage ! Avec le numérique, l’expérience s’acquiert rapidement à moindre coût car les clichées sont vérifiables et effaçables illico.

Composition & Équilibre
Pour qu’une photo soit « agréable » à l’œil, le ou les différents sujets sont à placer à la croisée des « lignes de forces » (¼ - ¾ et/ou 1/3 - 2/3) qu’il faut mémoriser lors de la prise de vue. Dans l’œil de chaque photographe chaque sujet possède sa propre valeur graphique (matière, couleur, forme, lumière). On prendra soin d’équilibrer ces sujets avec plus ou moins de vide entre eux et de tendre vers une élégance géométrique !
En gros plan, si la valeur graphique du sujet est suffisamment forte on peut en remplir tout l’écran ou le centrer sur les diagonales. La composition se fera sur les nuances de matière, couleur, lumière... ou sur un objet à sa surface, devenant alors un des sujets. Si la symétrie du sujet est parfaite, il faut le centrer et serrer le plus possible. La photo sera descriptive mais statique.
Pour un paysage, il faut répartir les sujets sur ces lignes. Le déséquilibre des formes est contrebalancé par l’équilibre des valeurs. L’écriture de la photo diffère suivant la position de la plus grande valeur. 1/3 de ciel et 2/3 de mer sera plus « marine » qu’1/3 de mer et 2/3 de ciel... Des formes irrégulières ou des couleurs variées donneront une image dynamique.
Pour une route qui file au loin ou un haut bâtiment, jouer des lignes de fuite et des diagonales pour dynamiser la vision. Une architecture en contre-plongée (ciel) est plus « allongée » que la même vue en plongée (sol) !
A éviter = la pire des photos de paysage, statique et triste à mourir, c’est le coucher de soleil en plein milieu. Paf !

Appareil & Objectif
Un appareil photographique est un œil « mécanique » mémorisant un sujet sur une pellicule argentique (le film). De nos jours, il s’agit plus d’un œil informatique enregistrant une lumière sur un capteur numérique. Pour capter la lumière, chacun possède une sensibilité exprimée en ASA ou ISO. La plus courante est 100 ISO, les plus hautes, vers 1600 et +, nécessitent moins d’éclairage lors de la prise de vue. Ensuite la vitesse d’obturation permet de doser la quantité de lumière marquant la pellicule (ou le capteur) et enfin le diaphragme (sorte d’Iris de l’œil) affine ce dosage.
Si l’œil possède une vision descriptive de 54° environ, les objectifs peuvent agrandir ou affiner cet angle horizontal. En photo argentique, un grand angle de 18 ou 24mm. de focale permet une vision panoramique de 110° et un « Fish Eye » (Œil de Bœuf...) de 16 mm. pousse à 180° alors qu’un fort téléobjectif de 600 mm. visera dans un pinceau de 3°.
Donc avec un grand angle, on cadre toute une maison et son jardin puis, à une même distance, la poignée de la porte d’entrée avec le « télé (-objectif) ». Entre ces extrêmes, plein d’objectifs sont vendus en variant focale et ouverture (plus petit diaphragme pour plus de luminosité). Le meilleur rapport qualité/prix, c’est le zoom (inventé par Angénieux) qui combine plusieurs focales par déplacement interne des lentilles.

Trucs Zé Bidules
- Pour bien composer dans le viseur ou sur l’écran, on peut les quadriller au cutter ou au feutre très fin indélébile.
- Par une météo mitigée, faire le choix du soleil. Une photo lumineuse est une question de patience. Laisser passer le nuage pour que les ombres portées donnent ainsi du relief à la façade. De même, quand le nuage derrière le sujet sera enfin parti, il rendra le ciel plus sombre (bleu marine ou roi) mettant en valeur par contraste la façade ensoleillée.
- En plein soleil, les ombres sont plus contrastées. Pour obtenir une photo plus chaude et mieux colorée : assombrir en sous-exposant d’1/3 à un diaphragme maximum. On peut aussi caler la cellule photoélectrique sur la partie la plus éclairée du sujet. A l’inverse, par temps gris ou neigeux, surexposer de la même manière pour éclaircir les tons sombres et les rendre lisibles. Caler alors la cellule sur l’espace le plus foncé.
- Avec un filtre polarisant (cher), les couleurs en plein soleil sont saturées et les reflets atténués (voile atmosphérique, vitrine).
- Pour augmenter la « profondeur de champ » (netteté des sujets proches et lointains), caler l’appareil sur un pied et choisir une vitesse lente et diminuer l’ouverture du diaphragme. Ainsi la lumière mettra plus de temps à impressionner pellicule ou capteur. Cela accentue la netteté de l’image et la précision des contours sur une plus grande distance axiale.
- Avec le flash face aux grilles d’escalier ou de balcon ; tendre un drap blanc afin de réduire au maximum l’ombre portée sur le mur brouillant alors la lecture du dessin. Sinon prendre la photo en lumière naturelle, sur un pied ?

Photographier signifie sélectionner le sujet, bien se placer pour mieux cadrer et enfin capter la lumière réfléchie. Littéralement, c’est écrire avec des photons. A chacun d’exprimer sa vision poétique avec ce verbe lumineux, Facile ! Maintenant, ouvrez l’œil … et faites connaître ce grand plaisir visuel = www.panorama-labaule.com

Schéma d'Alain CHARLES