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D. Rabreau - « Deux détournements de sens, de la gloire au sacrifice. L’Arc de triomphe de l’Étoile et le haut-relief de Rude. »


Quel caractère votif peut revêtir la consécration d’un monument à la Guerre ? Dans les Temps modernes ou contemporains qui sacralisent encore l’imaginaire « à l’antique », son rôle est également de révéler une conscience civique et de la façonner, en fonction de la propagande ou des idéaux politiques changeants.
L’étude d’un des plus prestigieux monuments de ce type, l’arc de triomphe de l’Etoile de Paris, montre les détournements de signification que les modifications d’usages, d’iconographie ou de simple interprétation populaire, peuvent faire subir à sa raison d’être originelle. Ce monument de gloire guerrière s’est métamorphosé en autel du sacrifice républicain. De propitiatoire, le monument est devenu expiatoire : la flamme du Soldat inconnu détourne du passage sous l’arche ! Dans ce jeu symbolique subtil, en histoire de l’art, l’analyse du haut-relief de François Rude (un des trois sculpteurs du décor des piles colossales) confirme un génie unique.

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Cet article a été publié une première fois dans la revue Champ Psychomatique (médecine, psychanalyse, anthropologie), n° spécial Face à la guerre, dir. Dominique Cupa & Annick Weil-Barais, Paris, éd. L’Esprit du Temps, n° 28, 2002 (2003), p. 129-147.