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cycle de conférences 2014-2015 - « Questions d’actualité sur les jardins »

Société française d’archéologie


Les conférences ont lieu de 18h à 19h30, sans réservation.
Centre André-Malraux (salle Molière) / 112, rue de Rennes, 75006 Paris.


Programme

Jeudi 16 octobre 2014
« De l’usage des jardins, ou les loisirs composant l’espace », par Jacques MOULIN, architecte en chef des Monuments historiques.

Les jardins anciens ont trop souvent été analysés dans leurs seules dispositions paysagères. Or, ils répondaient, en priorité, à des besoins fonctionnels précis, pour lesquels des espaces et un mobilier spécifiques furent conçus. À partir d’exemples allant du Moyen Âge au XVIIIe siècle, cette approche proposera une relecture des jardins français, non pas selon leurs formes mais selon les nombreux usages qui y étaient attachés.

Jeudi 20 novembre 2014
« Jardins princiers du Moyen Âge », par Élisabeth ANTOINE-KÖNIG, conservateur en chef au département des Objets d’art, Musée du Louvre.

Les grands de ce monde n’ont pas attendu la Renaissance pour affirmer leur maîtrise de la nature et pratiquer l’otium dans le cadre de jardins d’agrément, mais plus aucun jardin princier n’est visible aujourd’hui dans sa forme médiévale. Toutefois, l’étude attentive des sources comptables et leur confrontation avec l’iconographie des XIVe et XVe siècles permettent de restituer les formes et les structures de ces jardins, qu’il s’agisse des jardins royaux à Paris, de ceux des ducs de Bourgogne, avec notamment l’étonnant et célèbre parc d’Hesdin ou de ceux des papes en Avignon. L’évocation de ces jardins serait incomplète sans celle des ménageries que les princes y installèrent pour inscrire leur pouvoir dans ces reconstitutions symboliques du jardin d’Eden.

Jeudi 11 décembre 2014
« L’eau dans les jardins de la Renaissance, dispositifs hydrauliques et effets scénographiques », par Laurent PAYA, ingénieur paysagiste, docteur en histoire de l’art, membre associé au Centre d’études supérieures de la Renaissance (univ. Tours).

L’art des jardins qui se développe dans les environs de Rome à partir des années 1540 fait intervenir des réseaux souterrains et des machines hydrauliques, en mesure de produire les effets théâtraux les plus exubérants dans des lieux où l’eau était initialement absente. En France, à la même époque, sur un territoire étendu où les sols aquifères sont sillonnés de rivières, les abords de plusieurs châteaux sont convertis en majestueuses plates-formes jardinées, fossoyées et bordées de miroirs d’eau au moyen de techniques de captage et de dérivation d’origine médiévale.

Jeudi 15 janvier 2015
« Bergers-bergères, une mythologie bucolique des jardins », par Vincent DROGUET, conservateur général, directeur du patrimoine et des collections du château de Fontainebleau.

Le Hameau édifié pour la reine Marie-Antoinette au sein du domaine de Trianon, entre 1783 et 1785, est certainement le lieu qui vient le plus facilement à l’esprit lorsqu’on évoque le genre « pastoral » et le goût des bergeries dans les jardins français. Pourtant, cet exemple fameux peut être considéré comme « l’arbre qui cache la forêt ». Depuis l’époque de la Renaissance, les demeures princières furent assez souvent dotées de fermes ou de laiteries modèles révélant, bien avant le XVIIIe siècle, l’existence d’un véritable engouement de la part des élites en faveur des activités agricoles. À la fois par goût mais également par souci d’affichage, souverains, princes, grands seigneurs, favorites et gens de finance eurent à cœur d’intégrer dans leurs domaines des lieux réservés à ces activités évocatrices d’abondance, de paix et d’harmonie avec la nature. Les réalisations auxquelles cette mode persistante a donné lieu, qu’elles soient encore existantes ou disparues, surprennent par leur fréquence et par leur originalité.

Jeudi 29 janvier 2015
« La volière dans le jardin français et son imaginaire à la Renaissance », par Emmanuel LURIN, maître de conférences en histoire de l’art moderne, Université Paris-Sorbonne.

Depuis l’Antiquité, l’homme a su rendre l’oiseau présent dans ses demeures, comme dans ses jardins et ses domaines, par le biais de cages, de pigeonniers et de constructions très variées. Les volières, en particulier, qui permettent d’observer les oiseaux que l’on élève en captivité, de les voir nidifier, de les écouter, de contempler à la lumière, sur terre et dans le ciel, la forme changeante de leurs mouvements colorés, sont particulièrement importantes dans l’aménagement des jardins à la Renaissance. Le jardin d’agrément, qu’il soit conçu comme un petit Eden, un théâtre de la Nature ou une forme de locus amoenus, poétiquement inspiré, ne saurait être complet s’il n’abrite pas aussi celui que l’on peut considérer comme son premier, et son plus précieux habitant : l’oiseau. Partant d’une étude sur la typologie des volières de la fin du Moyen Âge au début du XVIIe siècle, l’intervention proposera de réfléchir sur le rôle de ces constructions dans l’aménagement des jardins en France, leur relation avec l’architecture nobiliaire, leur place dans la vie des élites et leur signification, qui est multiple, comme le montrent les nombreuses évocations du thème dans le domaine du décor monumental, de la peinture de chevalet et des arts graphiques.

Jeudi 12 février 2015
« Le gazon, motif à part entière du jardin », par Lucie NICOLAS-VULLIERME, historienne de l’art.

Quoi de plus ordinaire et, à la fois, de plus précieux qu’un gazon ? Ce n’est pas la moindre des contradictions de cet humble brin d’herbe qui couvre la majeure partie de nos parcs et jardins. Partir sur ses traces à travers les siècles conduit à suivre de près la structuration progressive de ces espaces, de l’enclos fleuri du Moyen Âge aux grandes esplanades contemporaines, en passant par les parterres classiques et les vallonnements à l’anglaise. Force sera de constater combien le gazon y tient une place privilégiée, tant symbolique que strictement esthétique.

Jeudi 12 mars 2015
« Les dessins de jardins, ou comment l’arbre procède du papier », par Jacques MOULIN, architecte en chef des Monuments historiques.

Les jardins anciens ont été souvent représentés, particulièrement en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, mais les dessins qui accompagnèrent leur réalisation s’avèrent extrêmement rares. Or, ces dessins sont révélateurs d’une méthode de conception très particulière qu’il est important de connaître si l’on veut comprendre une œuvre aussi originale que celle d’André Le Nôtre.

Jeudi 9 avril 2015
« André Le Nôtre : l’art et la pratique du jardinier. Connaissance et diversité des plantes, des techniques de culture et des modes de conduite du végétal », par Pierre BONNAURE, jardinier en chef des Tuileries et du Louvre.


Participation aux frais

- Non-sociétaires : 8,50 € par conférence à régler sur place, ou 48 € pour le cycle de conférences à régler au secrétariat de la SFA.
- Étudiants : < 30 ans : accès gratuit sur présentation de leur carte, > 30 ans : tarif sociétaires 5,50 € à régler sur place.