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« L’artiste-historien » Appel à contributions pour la revue Histoire de l’art


Numéro coordonné par Juliette Lavie, post-doctorante au Labex CAP HiCSA/MAM et par Pierre Sérié, maître de conférences en Histoire de l’art contemporain à l’université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand.

Pour son 79e numéro, la revue Histoire de l’art se propose de traiter d’un sujet d’historiographie critique inscrit dans le champ de l’histoire culturelle et sociale de l’art en abordant le thème de l’artiste-historien. Le choix de ce thème appelle une précision. Par « artiste-historien », nous entendons les artistes – peintres, sculpteurs, architectes, photographes, etc. – qui ont pris en charge, par l’écrit et l’image, leur histoire.

La revue Histoire de l’art entend poursuivre dans ce numéro l’étude des acteurs de l’histoire de l’art initiée par le projet de Dictionnaire critique des historiens de l’art actifs en France de la Révolution à la Première Guerre mondiale dirigé par Philippe Sénéchal et Claire Barbillon, dans le cadre du programme « Histoire de l’histoire de l’art » de l’INHA, dans lequel quelques artistes-historiens sont présents. L’objectif visé est également de prolonger les débats du colloque organisé en 2012 à Tours sur Les artistes historiens de l’art des années 1960 à nos jours et de compléter l’approche monographique de la revue des Livraisons d’histoire de l’architecture qui a consacré, en 2005, un numéro à L’architecte-historien. L’ambition de ce numéro est d’ouvrir ses pages à toutes les disciplines de l’art – peinture, architecture, sculpture, arts décoratifs, photographie – afin de constater les points communs, mais aussi les divergences entre ces artistes, et d’accueillir des articles inscrits dans un champ chronologique très large, de la Renaissance à nos jours, tout en incluant, le cas échéant, les propositions en amont de la période moderne, et dans des aires géographiques également étendues. Si les cas bien connus par exemple de Vasari, Carel van Mander, Joachim von Sandrart, Gérard de Lairesse, Viollet-le-Duc, Maurice Denis, Beaumont Newhall, Lázsló Moholy-Nagy, peuvent être à l’origine de propositions nouvelles, la revue donnera la priorité aux travaux abordant des cas de figures et des angles d’approche auxquels peu ou pas d’articles ont été consacrés.

Différents axes, non exclusifs, peuvent être envisagés :

1) Le premier axe vise à s’attacher aux histoires opératoires écrites par les artistes dont le but est de servir leurs projets artistiques. Ces histoires « promotionnelles » ont des formes très variées. Il peut s’agir de traités, de dictionnaires critiques et de manifestes. Les articles pourront porter sur des études de cas, être monographiques, sans se limiter à cette approche et montrer quelle histoire de l’art écrivent les artistes et comment ces histoires participent aux discours sur l’art.

2) Le deuxième axe s’intéressera à la prise en charge par les artistes de leur histoire sous l’angle de l’image (peinture, sculpture, estampe, etc.). Il s’agit ici d’analyser la représentation figurée de l’histoire de l’art, tout comme il s’agit d’étudier le regard rétrospectif, ou prospectif de l’artiste sur l’histoire à travers les représentations romancées des vies des maîtres anciens ou les mises en scène de cercles artistiques contemporains.

3) Le troisième axe se propose d’étudier l’artiste historiographe. Marginalisé dans son rôle d’historien, l’artiste reste maître de l’histoire qu’il a vécue, et qu’il met en récit afin de documenter la vie d’un atelier, la formation qu’il a suivie, la vie de son maître, etc. Il s’agit d’étudier les disciples comme Delécluze, Amaury-Duval qui composent, pour la période du XIXe siècle, la partie visible d’un groupe qui s’est mis au service de la communauté artistique, et de rendre compte de l’exercice historique qu’ils ont produit et qui les a peut-être éloignés ou rapprochés de la scène artistique.

4) Le quatrième axe cherche à interroger la professionnalisation de l’artiste en historien de l’art, de l’architecture, de la photographie. Les articles proposés pourront engager une réflexion sur la formation des artistes et les conséquences de cette formation sur leur volonté de prendre en charge leur histoire. La situation américaine demande à être éclaircie, car les artistes y ont joué un rôle décisif dans la refonte des modalités de production des savoirs, tout comme celle de la France après 1968, au moment où sont créés les départements d’Art plastique dans les universités, sans oublier l’importance de la formation de l’artiste en historien dans les écoles d’architecture, ou celle des photographes à Arles à partir de 1982. Les articles pourront également considérer le cas des « artistes commissaires » invités à présenter leur vision historique de l’art dans le cadre d’expositions.

Pour plus d’informations...

Les jeunes chercheurs intéressés sont invités à envoyer un synopsis d’une page avant le 15 mars 2016 avec un titre et une présentation de l’auteur en 2 ou 3 lignes à l’adresse mail suivante : revueredachistoiredelart gmail.com.