A. Boutrand – « Les Sacrements de Félix Lecomte… »

_ Remarquable sculpteur de la fin de l’ancien régime, Félix Lecomte (Paris 1737-1817) a réalisé une carrière exemplaire qui, après le premier prix de sculpture (1758), le conduisit de l’Ecole royale des Elèves protégés (1758-1761) à l’Académie de France à Rome (1761-1768), avant de le voir rejoindre le corps des professeurs de l’Académie royale de peinture et sculpture (1792). Auteur prolixe de la série des « Grands Hommes de la France » voulue par le comte d’Angiviller – il sculpte le Fénelon en 1777, le Montesquieu en 1779, le Jean Le Rond d’Alembert et le Charles Rollin en 1789 -, il fut d’évidence considéré comme l’un des plus habiles sculpteurs français du règne de Louis XVI et fut sans doute l’un des plus appréciés. Pourtant, la série de bas-reliefs qu’il conçut sur le thème des Sacrements, sous forme d’esquisses en terre cuite, demeura dans son fonds d’atelier et de donna jamais lieu à une exécution en pierre pour un édifice religieux. Actuellement conservée à l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts, cette exceptionnelle série méritait d’être interrogée du point de vue de sa destination et de sa fabrique, mais aussi d’être replacée dans le contexte mouvementé du « basculement religieux de Paris » qu’ont bien décrit Pierre Chaunu et Madeleine Foisil.

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