Parution « La Chambre et l’intime »

Références

Paru le 1er septembre 2021

Éditeur : Picard (Paris)
Collection « Architectures »

Format : 11,50 x 21,60 cm
Nombre de pages : 160

ISBN : 2708411810
EAN : 978-2708411814

Claire Ollagnier, historienne émérite spécialiste du XVIIIᵉ siècle, dévoile une histoire inédite et captivante : celle de la transformation de la chambre à coucher pendant le Siècle des Lumières et d’une intimité choisie et affichée qui devient peu à peu l’écrin du jardin secret propre à chacun.

UNE HISTOIRE DE LA CHAMBRE, UNE HISTOIRE DE L’INTIME

« L’intime : notre essence, ce qui réside au fond de nos âmes, à l’intérieur de nos êtres et, par extension, ce qui se passe à l’intérieur de nos relations familiales, amicales ou amoureuses. La chambre : cette pièce située au tréfonds de la demeure, avec en son cœur le lit, celui où nous naissons, celui où nous dormons, celui où nous mourons. D’une manière ou d’une autre, ces deux mots – l’intime et la chambre – semblent inextricablement liés. Parce que l’intime c’est tout ce que, du corps ou de l’esprit, nous ne dévoilons pas aux autres. Et parce que la chambre à coucher est, précisément, dans notre imaginaire collectif, ce lieu que nous souhaitons soustraire au regard des autres. À présent il faut renverser notre sujet pour revenir aux origines de l’intime, revenir aux origines de la chambre à coucher. Car en réalité, et c’est là que l’histoire devient passionnante, l’origine de ces deux mots est assez concomitante. Et si, avec toute la curiosité et attention accordée aux détails qui caractérisent le travail de l’historien, nous poursuivons cette mise en abîme, notre quête nous conduit à explorer le xviiie siècle tout entier. La société, l’habitat ; tout se joue là.

À l’aube du XVIIIᵉ siècle, quand chambre à coucher il y a, elle n’est pas encore le lieu de l’intime. Un siècle plus tard, alors que les appartements se composent pratiquement des mêmes suites de pièces, les usages ont changé. On n’habite plus la demeure de la même manière, et certaines pièces ont été sanctuarisées ; la chambre à coucher en fait partie. »

Pour mieux en rendre compte, ce livre propose d’explorer le XVIIIᵉ siècle de part en part, de rechercher les traces de la transformation des esprits et des usages, d’interroger les continuités autant que les ruptures, d’observer, à travers quatre tableaux, la succession des pièces qui composent l’appartement, celui du roi comme celui du bourgeois, et percevoir dans le détail les corps en mouvement, les interactions, les attentes et les besoins de chacun.

Comprendre non pas ce qui se joue dans ces quelques décennies, mais comment ça se joue. Comme on peut s’y attendre, le récit s’ouvre sur le sommeil, celui du roi, que le lecteur observe au moment de son lever, à l’aube du siècle. Il se poursuit par la conversation et les échanges d’idées qui animent la petite société réunie dans la chambre de Mme du Deffand, au milieu du règne de Louis XV. Le lecteur pénètre ensuite dans la petite maison du duc de Chartres, sur la plaine Monceau, où, avant que la Révolution ne gronde, quelques libertins donnent libre cours à leurs désirs. Enfin, discrètement, alors qu’une nouvelle ère commence, le lecteur se faufile dans un appartement familial douillet pour assister à l’éclosion de la vie familiale et affective, sa félicité nouvelle et ses éternels doutes.