Janine BARRIER, « Jean-Charles Delafosse (1734-1791) : un artiste à facettes au miroir du XVIIIe siècle »

Jean-Charles Delafosse (1734-1789), dont le nom apparaît sous la plume de quelques historiens de l’art, est longtemps demeuré bien mystérieux. Totalement oublié à la fin du XVIIIe siècle, nous ne le retrouvons qu’à la création de l’Union centrale des Arts décoratifs (à l’origine de l’actuel Musée des Arts décoratifs) dans les années 1860, où il figurait comme architecte. Puis, au cours des premières années du XXe siècle il fut requalifié d’« ornemaniste », car en effet ce fidèle disciple de Piranèse fut un étonnant créateur d’ornements, source d’inspiration inépuisable pour ses contemporains. Plus récemment – et à la suite d’Emil Kaufmann – seuls Monique Mosser et Daniel Rabreau ont reconnu l’importance de son rôle en ce qui concerne le changement de goût dans les années 1750. Ainsi, s’il ne fut pas seulement ornemaniste, s’avère-t-il fort difficile à cerner. Il construisit peu mais multiplia les dessins d’architectures imaginaires – en particulier les tombeaux, les caprices de ruines et les pastorales, sans oublier les figures et scènes allégoriques. Durant sa vie ce furent sans aucun doute ses planches gravées d’ornements et d’objets de décor qui assurèrent sa subsistance. Par ailleurs sa Nouvelle Iconologie historique publiée en 1767 lui permet de figurer parmi les initiateurs du « goût à la grecque », grâce à la géométrisation et la monumentalisation des formes dues à son génie inventif. De sorte que, dans le registre de l’« architecture parlante », il mérite de figurer aux côtés d’architectes tels Claude-Nicolas Ledoux ou Étienne-Louis Boullée

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Référence bibliographique

Janine Barrier, « Jean-Charles Delafosse (1734-1791) : un artiste à facettes au miroir du XVIIIe siècle », Annales du Centre Ledoux (Nouvelle série). Les Publications en ligne du GHAMU, n°2, Vanves : Groupe Histoire Architecture et Mentalités Urbaines, 2020.